Publié le 08/11/2016

Maria Republica

Par Pauline

Avril 2016
#Coup de coeur des Kiosqueurs

"Maria Republica. L’opéra qui transgresse les codes.

« Salope », « putain »… pour ma première fois à l’opéra je ne pensais pas entendre ce genre de mots. Pourtant, je ne rêve pas, le personnage principal de la pièce est une ancienne prostituée contaminée par mégarde qui fume et qui injurie tout au long du spectacle, qui va entrer volontairement au couvent. Voilà de quoi changer mes idées préconçues qui m’obligeaient à croire en quelque chose de plus conventionnel. Passé ces premiers instants de stupeur et tremblements, me voici rentrée dans l’histoire. Et quel scénario ! Une intrigue joliment menée sur fond de musique saisissante de vérité. On suit avec beaucoup de profondeur l’ascension de Maria Républica, désormais appelée Maria par les sœurs, au sein du couvent. Telle la spectatrice bernée, je crois à cette rédemption miraculeuse dans un monde rempli d’anciennes dépravées. Les voix puissantes nous ouvrent les portes d’un monde perverti, baigné du sang de pauvres innocentes, à l’image d’une secte bien ancrée et tristement autorisée. On entre dans ce couvent à la lueur d’un jeu de lumière époustouflant. Les décors sont saisissants de réalismes. Cela a peut être joué de l’importance dans ce malaise qui m’envahit à mesure qu’on avance dans les entrailles de ladite communauté. Apparent monde religieux de pureté et d’innocence qui n’est en réalité que démence et perdition. Qui peut sortir indemne d’un opéra pareil ? Qui finalement de la putain ou de la religieuse est celle qui dérange et qui bouleverse ? Cette déviance joliment malsaine nous amène à la révolte. Compatissons aux mélodies vindicatives de Maria Republica ! Je pense que la flamboyante tragédie de l’espagnol Agustin Gomez-Arcos est ici parfaitement bien retranscrite, chantée et illustrée. Un moment d’une rare et sombre intensité qui bouleverse les codes habituels des opéras classiques, et c’est cela qui nous entraine avec plus de profondeur et de véracité découvrir l’horrible réalité."

- Pauline

MARIA REPUBLICA - Une création inédite, commande d'Angers Nantes Opéra - 2016
Un opéra pour sept chanteurs, ensemble de quinze musiciens et électroniques, d'après le roman 'Maria republica' de Agustín Gómez-Arcos
« Vous ne pouvez abolir ma mémoire. Mes souvenirs je m’en servirai comme des bombes ».

Crédits photos : Jef Rabillon / Angers Nantes Opéra

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