Publié le 17/07/2020

Entretien avec Simon Nwambeben

Le 15 juillet 2020
#Focus

Le 15 juillet 2020, notre kiosqueuse Mélissa s'est entretenue avec Simon Nwambeben aux Francas juste avant le lancement de la tournée des "concerts nomades" d'UrbanVoices.

Cet entretien est disponible en format retranscrit mais également en format audio. Pour découvrir le format audio, il vous suffit d'aller en bas de la page ! Vous pourrez entendre dans ce format des extraits musicaux de Simon Nwambeben et Youenn Landreau.

 

Pourquoi as-tu décidé d'intégrer le programme UrbanVoices ?


Je n'ai pas décidé d'intégrer le projet, j'ai accepté (rires). Avec Karim Ammour (directeur artistique d'UrbanVoices) on se connaît depuis de nombreuses années, il m'a demandé si je voulais participer au projet cette année et j'ai tout de suite dit oui. C'est quelqu'un que j'apprécie en tant que personne et aussi en tant qu'artiste, et le projet en lui-même me sied donc je n'ai pas hésité.


Le projet a été quelque peu modifié, au début il ne devait pas apparaître sous forme de concerts nomades c'est bien ça ?


C'est ça, il ne devait y avoir que des représentations avec des choristes mais avec la Covid on ne pouvait pas répéter avec trois ou quatre-cents personnes, donc c'est Karim qui a proposé cette idée de concerts nomades. Je trouve que quand quelque chose nous arrive (ça c'est mon côté africain), que ce soit bon ou mauvais, il faut le prendre du bon côté. Donc la Covid va nous permettre d'aller dans des petits endroits, des quartiers où on ne serait pas allé donc c'est génial.


Oui c'est une belle opportunité pour découvrir certains coins moins connus de nos quartiers ! Quel est ton rapport à Nantes et à ses quartiers ?


Je suis nantais depuis bientôt 21 ans. C'est ma ville, et ça me plaît d'y jouer dans de petits endroits que je ne connais pas.


Dans ce parcours des concerts nomades, les spectateurs sont invités à suivre les concerts en vélo c'est ça ?


Oui ! A pieds ou en vélo. Je trouve que ce serait encore mieux en vélo puisque l'image en serait d'autant plus belle. Avec l'équipe on arrive sur les lieux quelques minutes avant l'heure du spectacle pour accueillir le public.


Ces concert nomades m'évoquent la thématique du voyage, de l'exploration. C'est une thématique à laquelle tu t'intéresses ?


Oui ça me parle beaucoup. Dans ma musique, je voyage. C'est aussi souvent les retours que j'ai des personnes qui m'écoutent, elle me disent que je les fais voyager. Je suis camerounais, donc africain, mais ma musique n'est pas typiquement africaine. Je m'inspire de plein de cultures différentes et je fais mon petit mélange, c'est comme ça que ma musique me fait voyager. Ces petits concerts sont un parcours, un voyage, c'est très beau.


Tu as nommé ton style de musique le "bitibak", tu peux nous en dire un peu plus ?


Le bitibak est le nom d'un remède que l'on prend par inhalations. C'est le mélange de plusieurs feuilles, d'écorces, de plantes de toutes sortes qu'on fait  bouillir dans une grande casserole. Le malade qui a la grippe ou le paludisme s'asseoit sur un tabouret et se déshabille complètement. On met la casserole entre ses jambes, on le couvre complètement de plusieurs couvertures, et une fois qu'il est bien recouvert il ouvre tout doucement la casserole pour prendre le remède par inhalations. Je me suis permis d'emprunter ce nom justement pour ce mélange que je fais dans ma musique. Je chante en bafia, en français, et je m'inspire aussi de sonorités qui viennent d'un peu partout. Aussi j'utilise  ou je fais utiliser à d'autres musiciens beaucoup d'instruments différents.


Que vas-tu nous présenter ce soir ?


Ce soir ce sera ce que j'appelle le "duo stick bitibak" parce que je suis accompagné par Youenn Landreau qui joue au Stick Chapman, un instrument peu connu qui se joue en picking [voir la vidéo en bas de page]. J'appelle donc cette formation "duo stick bitibak". Toutes mes formations s'appellent "... bitibak", tout comme mes albums. Donc il y a Bitibak 1, Bitibak 2, Bitibak 3... et ainsi de suite (rires).


Un petit mot de la fin ?


 Aux gens qui n'auront pas la possibilité de venir aux concerts m'écouter, tapez mon nom ou "bitibak" sur n'importe quel moteur de recherche et vous pourrez découvrir ma musique !

Crédits photos : Le Kiosque Nantais