Publié le 17/06/2020

Entretien avec le Théâtre de la Rue de Belleville

Théâtre de la Rue de Belleville
#Focus

Le 16 juin 2020, notre kiosqueur Valentin s'est entretenu avec l'équipe du Théâtre de la Rue de Belleville pour prendre de ses nouvelles.

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 

Régis Florès : Je m’appelle Régis Florès et je suis comédien/metteur en scène. 

Flore Vannier-Moreau : Je m’appelle Flore Vannier-Moreau, je suis comédienne et l’une des fondatrices du Théâtre de la Rue de Belleville avec Régis et Mathilde Banderly.

Mathilde Banderly : C’est moi (rires), comédienne également. 

 

Comment est né le Théâtre de la Rue de Belleville ?

R.F : Le Théâtre Rue de Belleville est un ancien garage que l’on a rénové entièrement en une année. On a ouvert ses portes le 1er décembre 2017. Notre compagnie est le Théâtre Populaire Nantais (TPN) et on a donné un autre nom au lieu pour qu’il soit séparé de la compagnie.

M.B : Ce qui est un atout en terme de communication puisqu’il est situé Rue de Belleville. C’est une troupe qui a créé le lieu mais on accueille également les spectacles d’autres compagnies. On a en plus une école dans laquelle des comédiens suivent une formation sur trois ans pour devenir des comédiens professionnels. La première année est avant tout axée sur les cours techniques, la deuxième est axée sur la technique mais également sur la création de mises en scène qui seront jouées au Théâtre Rue de Belleville, et la troisième année est l’année où les comédiens se consacrent à leur projet professionnel, afin qu’ils aient un spectacle à proposer à la fin de la formation.

 

Cela fait deux-trois ans que vous êtes maintenant installés Quartier Mellinet, quartier dans lequel vous êtes le seul théâtre. Votre public est-il avant tout un public de quartier ? 

R.F : C’est un public de quartier mais aussi un public extérieur parce qu’on propose des pièces qu’on ne voit pas partout et qui intéressent un large public. Les Justes, Antigone… ce sont des pièces très connues qui dépassent le quartier.


Quel est le type de programmation proposé par le théâtre ?

R.F : On est sur des textes d’auteurs, sur des comédies dramatiques, des tragédies. On est plus sur du théâtre classique, contemporain, et moins sur du boulevard ou sur de l’humour à l’état pur. Par exemple en ce moment on monte deux pièces de François Begaudeau (Le Problème et La Devise), on a monté Dario Fo, Pennac… On est plus sur ce genre de spectacle. 

 

Comment s’est passé le confinement pour le Théâtre Rue de Belleville et avez-vous des projets pour la saison prochaine ?  

R-F : Ca s’est arrêté d’un coup mais on s’y attendait un peu. C’était assez violent mais ç’a été le cas pour tout le monde. Il a fallu s’organiser pour l’école, parce qu’arrêter la programmation c’est assez simple mais c’est toute l’organisation de l’école qu’il a fallu repenser. Au début on ne savait pas quand est-ce que ça pourrait reprendre donc on a essayé de naviguer à vue, comme le gouvernement. On a imaginé plusieurs scénarios et à un moment donné on a décidé de ne reprendre qu’en septembre. On a reporté des spectacles de fin d’année en septembre, on a reporté des stages pour compenser le manque de cours… Mais à distance c’est pas facile, au théâtre on a l’habitude de se voir, de discuter, donc tout organiser à distance c’était compliqué. 

M-B : On était en train de jouer Les Justes au moment de la mise en place du confinement, donc on avait engagé des dépenses sur la communication, les programmes qui étaient prévus jusqu’à fin mai, des places déjà vendues… Au début on n’a pas pu revenir directement vers les spectateurs parce qu’on ne pouvait pas encore savoir quand les spectacles allaient être reportés, surtout qu’il y avait des rumeurs comme quoi les salles ne pourraient pas rouvrir avant 2021 donc c’était assez compliqué. On a surtout travaillé avec les compagnies qu’on devait accueillir sur cette période pour faire un planning de reports sur l’automne, mais toutes les compagnies étaient dans la même situation donc c’était difficile de faire correspondre nos agendas. On s’est organisé de manière à prévoir une reprise en septembre et on a réussi à replacer quasiment tous les spectacles. On a attendu les dernières annonces pour recontacter toutes les personnes qui avaient acheté des places et leur proposer soit un report sur la saison prochaine soit un remboursement. La majorité a souhaité reporter (on avait déjà notre planning donc on pouvait donner des dates précises), et ceux qui ont voulu être remboursés nous ont écrit en insistant sur le fait qu’ils avaient une bonne raison alors qu’ils étaient tout à fait dans leur droit ! On a senti que les gens avaient vraiment très envie de revenir au théâtre.

Il y a aussi Le Problème qui est une création que l’on devait sortir au mois de mai. On avait prévu des temps de répétitions en avril qui n’ont pas pu avoir lieu, par contre on a fait quelques italiennes en visioconférences, ce qui nous a permis de réviser le texte et de rire ensemble. Dès le 11 mai on a pu réintégrer le théâtre et accéder au plateau, faire de vraies répétitions, construire les décors… On va reprogrammer les premières représentations de la création pour le 3 et 4 juillet. 

R.F : Ces dates sont importantes pour nous car elles nous permettent de fermer nous-même le théâtre et ainsi clôturer la saison sur une note positive.

M.B : Pendant le confinement, on a aussi été en lien avec les autres théâtres privés nantais, on s’est organisé quelques réunions en visio, on s’est envoyé des mails lorsque l’on avait de nouvelles infos… C’était agréable. On va créer quelque chose tous ensemble cet automne, ce sera des événements dans chacun de nos théâtres sur une même nuit. 

R.F : Voilà, on va créer une nuit du théâtre qui commencera en début de soirée pour terminer en début de matinée. Et avant cette nuit-là, le Théâtre Rue de Belleville va s’organiser pour créer un mini-festival sur trois jours où on proposera cinq spectacles par jour, pour peut-être permettre un petit changement de paradigme par rapport aux programmateurs. Comme ils n’ont pas pu aller à Avignon on va leur proposer de venir dans notre lieu (on va voir aussi avec les autres théâtres) pour qu'ils puissent venir dans leur région, chez nous, voir des spectacles pour peut-être les programmer ensuite. Cela permettrait de changer les habitudes, de les faire revenir près de chez eux. Comme ils n’ont pas pu partir à Avignon, cette année est l'occasion de changer les choses puisqu'à partir de la saison prochaine tout va reprendre comme d’habitude. Cette année on peut changer cette habitude et enclencher quelque chose pour les années à venir. On a de très bons spectacles dans la région, pas besoin d’aller les chercher à 1000 km.

 

Avez-vous d’autres événements prévus cet été ? 

M.B : Concernant la formation il est encore possible de candidater car il reste une dernière date d’audition, le 29 juin. Il reste de la place !    

R.F : On a aussi prévu de faire une sortie de résidence pour La Devise.

 

- Entretien réalisé par Valentin le 16 juin 2020.

 

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Crédits photos : Théâtre de la Rue de Belleville